Famille : Meliaceae

Texte © Pietro Puccio

Traduction en français par Michel Olivié

Native de l'Inde à la Chine, Chukrasia tabularis est un arbre à feuilles caduques de 35 m © Giuseppe Mazza
Le nom du genre vient du nom local “chkrasi” et celui de l’espèce de l’adjectif latin “tabularis” = plat, par allusion aux graines.
Noms communs : bastard-cedar, Burmese almondwood, chickrassy, Chittagong-wood, East Indian-mahogany, Indian redwood, white-cedar (anglais), voriong (Cambodge), boga poma, bogipoma, chkrasi, malaveppu (Inde), ingol batu (Indonésie), mai nhom (Laos), surian batu, cherana puteh, repoh, suntang puteh (Malaisie), yinmar (Myanmar), fak daap, waa-raa-yong, siat kaa (Thaïlande), lat hoa, lat da dong, lat chun (Vietnam).
La Chukrasia tabularis A. Juss. (1830) est un arbre à feuilles caduques d’une hauteur pouvant atteindre environ 35 m, au tronc droit d’un diamètre atteignant 1 m ou plus et doté à sa base de racines tabulaires (des racines aplaties comparables à des piliers) hautes jusqu’à 1,5 m et à l’écorce de couleur marron, fissurée verticalement, qui avec le temps s’écaille sous forme de plaques rectangulaires et d’où s’écoule une gomme jaune transparente. Les feuilles, portées sur un pétiole long de 4 à 7 cm, sont pennées ou bipennées, longues de 20 à 50 cm et ont 10 à 20 paires de folioles ovées à oblongues à l’apex pointu, asymétriques, de 4 à 15 cm de long et de 3 à 6 cm de large, de couleur vert intense, qui se referment le soir pour se rouvrir le matin.
Les inflorescences sont des panicules situées à l’aisselle des feuilles les plus jeunes. Elles sont longues de 10 à 30 cm et portent des fleurs unisexuées ou bisexuées parfumées qui ont un calice de couleur verte, rose ou rouge, d’environ 0,3 cm de diamètre et 4 à 5 pétales recourbés, oblongs-linéaires à spatulés, de 1,2 à 1,8 cm de long et de 0,5 cm de large, de couleur crème souvent teintée de rose, glabres ou pubescents. Le tube staminal est cylindrique et a 10 anthères oblongues insérées sur l’apex. Le style est cylindrique et a un stigmate trilobé. Les fruits sont des capsules ligneuses déhiscentes ovoïdes à oblongues, de 3 à 5 cm de long et de 2 à 4 cm de diamètre, de couleur jaunâtre à marron, qui contiennent jusqu’à 200 graines et plus, plates, disposées en couches superposées, dotées à une extrémité d’une aile membraneuse marron, oblongues, de 0,8 à 1 cm de long et de 0,5 à 1 cm de large, aile comprise. Les graines sont dispersées par le vent.
On reproduit en général cette plante en semant ses graines dans un terreau drainant et aéré maintenu humide, mais sans rétention d’eau, à la température de 24 à 26 °C. La durée de germination est de 1 à 6 semaines et la première floraison survient aux alentours de la sixième année. On peut aussi la reproduire par bouturage et par greffage.
C’est une espèce à la croissance rapide que l’on peut cultiver dans les régions aux climat tropical et subtropical humide à la pluviosité annuelle élevée, de préférence supérieure à 1.500 mm. Une fois adulte elle peut résister à des températures allant jusqu’à environ -3 °C, à condition qu’elles soient exceptionnelles et de courte durée, les feuilles risquant alors d’être endommagées. Elle a besoin d’une exposition en plein soleil, sauf pendant la phase de jeunesse où elle peut supporter un léger ombrage, et de sols profonds, fertiles et bien drainés, car elle ne supporte pas l’eau stagnante, de préférence calcaires. Elle a été introduite dans de nombreux pays tropicaux et subtropicaux en raison de son bois de très bonne qualité. Elle s’est échappée des cultures dans certaines zones et s’est alors naturalisée en devenant parfois envahissante. Elle est également utilisée comme arbre d’ombrage dans les plantations de café et parfois dans les parcs et jardins en raison de son feuillage ornemental.

Il pousse vite dans les régions tropicales pluvieuses mais peut résister à de courtes gelées. Feuilles élégantes, bois de qualité et une écorce aux propriétés médicinales © Giuseppe Mazza
Synonymes : Cedrela villosa Roxb. (1814); Chukrasia nimmonii Graham ex Wight (1831); Chukrasia trilocularis (G.Don) M.Roem. (1846); Chukrasia velutina M.Roem. (1846); Chukrasia tabularis var. velutina (M.Roem.) King (1895); Chukrasia velutina var. dongnaiensis Pierre (1897); Chukrasia velutina var. macrocarpa Pierre (1897); Chukrasia velutina var. microcarpa Pierre (1897); Chukrasia tabularis var. dongnaiensis (Pierre) Pellegr. (1911); Chukrasia tabularis var. macrocarpa (Pierre) Pellegr. (1911); Chukrasia tabularis var. microcarpa (Pierre) Pellegr. (1911); Dysoxylum esquirolii H.Lév. (1916); Chukrasia chickrassa (Roxb.) J.Schultze-Motel (1966).
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